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L'Union africaine envisage un bloc commercial

Les responsables africains ont avalisé le projet d'une zone de libre-échange s'étendant du Caire au Cap, à l'issue de la première réunion de l'Union africaine de l'ère post-Kadhafi.

 

Les Etats membres de l'Union africaine ont décidé cette semaine de mettre en place une zone de libre-échange à l'échelle du continent à l'horizon 2017.

La 18ème session ordinaire de l'Union africaine s'est terminée le lundi 30 janvier à Addis Abeba, après deux jours d'entretiens consacrés au renforcement du commerce intra-africain. Les participants ont souligné que le renforcement des relations économiques permettra de réduire la pauvreté, de créer des emplois, de favoriser le développement économique durable et de mieux intégrer le continent dans l'économie mondiale.

Certains chefs d'Etat ont toutefois émis des doutes quant à la possibilité de parvenir à une intégration économique d'ici 2017 à la lumière des défis que rencontre le commerce intra-africain, dont le plus important est l'insuffisance des infrastructures.

Le vice-président de la commission de l'Union africaine, Erastus Mwencha, a déclaré en marge de ce sommet qu'il s'attendait à voir le commerce intra-africain doubler d'ici vingt ans, dès lors que la feuille de route et le plan d'action seront mis en oeuvre.

Pour sa part, le Président tanzanien Jakaya Kikwete a expliqué que l'avenir de cette zone de libre-échange continentale nécessite la mise en place d'un marché commun ouvert sur l'ensemble du continent, du Caire au Cap.

Les estimations de la Banque africaine de développement indiquent qu'en dépit de la multitude des conférences et des accords, le commerce intra-africain n'a représenté en 2010 que douze pour cent du volume des échanges. Mais cette zone de libre- échange telle qu'elle est proposée permettrait de doubler le volume du commerce intérieur, pour le porter à 25 pour cent d'ici dix ans.

Si ce commerce intra-africain était augmenté, les Etats membres pourraient éviter l'impact de la crise de la zone euro qui entraîne un risque de réduction de la croissance économique du continent, a déclaré le vice-président de la Banque mondiale pour l'Afrique, Obiageli Ezekwesili, lors de ce sommet.

Il a indiqué que les partenaires traditionnels de l'Afrique seraient probablement affectés par les implications de la crise de la dette en Europe qui réduira les transferts d'argent, le commerce et le tourisme. Les transferts monétaires effectués par les expatriés sont une source très importante de devises étrangères en Afrique, aux côtés d'autres sources traditionnelles comme le tourisme, l'agriculture et l'exploitation minière.

Bien que centré sur l'intégration économique, ce sommet a également abordé les questions sécuritaires. Le président sortant de l'Union africaine Jean Ping a été cité par Pana Press affirmant que la rébellion des Touaregs était "inacceptable et injustifiée", ajoutant qu'elle constitue "une menace sérieuse pour la paix et la stabilité au Sahel et en Afrique de l'Ouest".

Il a ajouté que la région "souffre [des] répercussions de la crise libyenne et de la prolifération des armes, qui viennent s'ajouter à d'autres enjeux tels que le terrorisme, le sous-développement et les trafics en tous genres".

Selon Jeune Afrique, les dirigeants africains ont demandé aux Nations unies d'envoyer un médiateur pour tenter d'apporter une solution à la crise au Sahel, notamment la révolte des Touaregs.

L'UA avait pris acte de la coopération régionale entre l'Algérie, le Mali, la Mauritanie et le Niger lors de sa dernière rencontre ministérielle du mois dernier à Nouakchott. Idris El-Allali, du Centre africain d'étude et de recherche sur le terrorisme (CAERT) de l'UA a décrit cette stratégie comme "la meilleure manière de lutter contre le terrorisme et de promouvoir le développement sur le continent, du fait des enjeux stratégiques dans la région".

Ce sommet de l'UA a également été le premier auquel ont participé les responsables libyens et tunisiens de l'après révolution. Dans son discours aux participants, le Président tunisien Moncef Marzouki a déclaré que son pays cherchera à retrouver sa place sur le continent.

"Sous Ben Ali, la Tunisie ne jouait aucun rôle diplomatique en Afrique", a-t-il déclaré. "Mais aujourd'hui, nous sentons que nous sommes totalement africains." Il a ajouté que la Tunisie était située au carrefour de trois régions : "Elle est euro-méditerranéenne, arabo-maghrébine, et africaine, et nous devons assumer la responsabilité de cette dimension."

"Nous sommes confiants dans le fait que l'Afrique sera la terre de l'avenir pour les investissements tunisiens, et nous mettrons nos forces dans ce domaine", a-t-il conclu.

Ce contenu a été réalisé sous requête de Magharebia.com.
 
Par Monia Ghanmi à Tunis et Jemal Oumar à Nouakchott pour Magharebia

 
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