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Afrique: Propos actuels sur la vie intellectuelle dans l’Afrique noire du moyen-âge


En interrogeant le passé de l’Afrique, l’histoire d’une des grandes civilisations qui s’y sont développées des siècles bien avant tout contact avec l’Occident, nous en sommes arrivés à formuler les hypothèses selon lesquelles loin d’être anhistorique avant l’arrivée des colonisateur occidentaux ainsi que le décrète l’Occident, l’écriture existait en Afrique noire ; qu’à la suite de l’’esclavage qu’entreprirent les Européens et de la colonisation, le contexte socioéconomique délétère actuels des peuples noirs en général (pays subsaharien, archipel des Antilles : Haïti, Cuba, Jamaïque, Martinique, Guadeloupe, Dominique et Trinité, etc.) est à l’origine du mépris sur tous les plans de l’Afrique en particulier et des Noirs en général dans le monde. Ce mépris serait dû à une méconnaissance de l’apport scientifique, technique et culturel de l’Afrique au monde, cette méconnaissance étant elle-même une conséquence de la falsification consciente de l’histoire de l’Afrique.

 

Il convient donc de rappeler la bouleversante histoire culturelle précoloniale de l’Afrique, surtout que, comme l’écrivait Lévi-Strauss, « on a commencé à soupçonner l’importance de son rôle comme melting pot culturel de l’Ancien Monde : lieu où toutes les influences sont venues se fondre pour repartir ou se tenir en réserve, mais toujours transformées dans des sens nouveaux . »

Ainsi par exemple, depuis la période médiévale et en particulier entre le 14ème et le 17ème siècle, une partie importante de la crème de l’intelligentsia qui compte alors dans le monde se trouve à Tombouctou. Les intellectuels noirs et les savants oulémas de cet empire du Mali qui sera par la suite remplacé par celui de Songhaï sont courtisés sur le plan intellectuel par des Juifs, des Perses et des Grecs. Ceux-ci rencontrent les jurisconsultes, les philosophes, les architectes et les mathématiciens noirs de Tombouctou, les théologiens, les historiens, les dialecticiens, les grammairiens, les rhétoriciens, les physiciens, les astronomes, les chimistes, les marabouts, les médecins, les musiciens et les artistes en général.

Parfois accompagnés de commerçants, ils achètent de nombreux livres parmi lesquels le Coran, les dictionnaires (ou mithqâls selon le Tarrich el-Fettach de Kâti, chap. XI., p. 201), les ouvrages de littérature (roman, poésie, drame), de pharmacopée, de botanique, les précis sur les notes de musique dans cette région des griots-conteurs-chanteurs. Les érudits de cette ville moyenâgeuse produisent des collections sur divers traitements médicinaux traitant de la stérilité, des maladies vénériennes, de la conception, etc. L’on écrivait déjà sur les méfaits du tabac, du haschisch, sur les tremblements de terre ; la constellation des étoiles était étudiée et connue notamment par les Dogon et d’autres peuples soudanais (ou habitants du « pays des Noirs »), comme nous le révèle les anthropologues M. Griaule et G. Dieterlen .

Forme ancestrale de la bourse d’étude actuelle, riches commerçants et nobles s’empressaient pour avoir l’honneur de faire des prêts en argent ou de donner l’hospitalité aux étudiants qu’ils accueillaient chez eux et facilitaient l’accès aux ouvrages et aux études, créant un peu partout des bibliothèques privées dont la majorité appartenait aux familles. Plus d’une centaine de bibliothèques ont été répertoriées à ce jour à Tombouctou. La plupart des professeurs des universités de Tombouctou possédait chacun sa propre bibliothèque où les livres se comptaient entre quelques centaines d’exemplaires et des milliers. D’après le chercheur sénégalais Anta Diop, « Ahmed Baba aurait laissé plus de 700 ouvrages . » Recteur de l’université de Sankoré à la veille du 17ème siècle au moment de l’invasion marocaine en 1595, il était le Chef de file de l’intelligentsia tombouctienne et auteur lui-même d’une cinquantaine de livres. Pourtant comme ces collègues de l’Afrique noire médiévale, trace de ce savant n’est trouvée nulle part dans les dictionnaires contemporains souvent édités en Occident. Pourtant les ouvrages spécialisés d’histoire et d’anthropologie reconnaissent leurs apports à la pensée et à la culture universelle. L’Université de Sankoré devait posséder entre 400.000 et 700.000 ouvrages ainsi que les plus belles collections de livres en Afrique, exception faite à la célèbre bibliothèque d’Alexandrie.

Quoiqu’il en soit, dans la ville moyenâgeuse de Tombouctou, le savoir était une valeur sure, appréciée et reconnue tant et si bien que les savants étaient protégés par les décrets-lois des rois et des sultans de l’empire qui leur offraient un statut particulier de sorte que leur famille et leurs biens étaient inviolables à vie. Ils n’étaient pas rémunérés, exception faite de quelques subsides pouvant atteindre 5 à 10 cauris offerts gracieusement par les étudiants le mercredi, jour de repos scolaire (NB : le mithqâls  et l’or servait aussi de monnaie). Ceux-ci et les enseignants étaient respectés dans cet empire qui protégeait ces citoyens, promouvait la clémence, la liberté politique et d’expression, celle d’entreprendre tout commerce, portait secours aux pauvres et aux étrangers, pratiquait un islam tolérant et protégeait les biens et les personnes. Dans son Tarikh es-Soudan, le savant Sâdi en est si fier qu’il décrit cette ville qui l’a vu naître comme « exquise, pure, délicieuse, illustre cité bénite, généreuse et animée, ma patrie, ce que j’ai de plus chère au monde. »

Un empire paisible donc, pas belliciste, où les hommes, intéressés avant tout à amasser de l’or, « sont industrieux, intelligents et doux », avec pour seule ressource le commerce, comme le fit remarquer René Caillié, le premier français qui visita Tombouctou au début du 19ème siècle. Or, analyse l’historien W.G.L. Randles dans le cas du peuple Rozwi (Royaume du Monomotapa dans l’ancienne Rhodésie) : « le fer est indispensable à un peuple guerrier, l’or à un peuple commerçant. » Voila qui explique peut-être l’écrasante victoire marocaine qui entamera le déclin de Tombouctou et même la soumission facile des Occidentaux au moment de l’esclavage et de la colonisation. Pourtant la fonte du fer qui sert aux peuples antiques à la fabrication d’épées et d’armures de guerre est bien connue dans la région, notamment depuis des millénaires dans le Soudan nilotique. Bref, les mœurs étaient élevées et les institutions politiques, fortes, ce qui faisait de la ville de Tombouctou et de tout l’empire du Mali, puis de Songhaï, une civilisation économiquement florissante où régnait la paix et où il faisait bon vivre. C’est du moins ce qu’attestent formellement de nombreux contemporains dans leurs écrits parmi lesquels ceux du grand voyageur et géographe tangérois Ibn Batuta. Celui-ci décrivit son passionnant périple à Tombouctou dans un ouvrage qui date de 1357 et qui s’intitule « Le Pays des Noirs », un excellent opus réédité à Paris en 1969 et classé d’anthropologie .

Devenu donc grand centre de diffusion du savoir et pôle culturel rayonnant sur tout le Soudan jusqu’au Maghreb, le livre sera célébré dans la ville mythique de Tombouctou. Il est aisé de comprendre ainsi dans quel contexte le métier de copiste et de relieur, se développe dans ce vaste empire qui s’étendait du Niger au Soudan et au Sénégal, jusqu’à Teghezza aux portes du Maghreb et chez les Berbères islamisés de Mauritanie. Les étudiants et lettrés peuls, wolofs, dioulas, haoussas et malinkés, se comptaient parmi les copistes qui retranscrivaient les concepts des oulémas (ou savants musulmans). Les conférences des sages qui, originellement, étaient retranscrites sur les écorces d’arbres, les omoplates des chameaux, les peaux séchées de moutons dans une forme très cursive d’écriture arabe qui permettait d’utiliser moins d’espace et quelquefois en fulani (langue peule), vont l’être désormais sur du papyrus et sur du papier importé d’Orient (Turquie, Syrie, etc.), puis d’Italie et probablement d’Asie (l’Inde et la Chine, ce dernier empire étant comme on le sait, l’inventeur du papier).

Sous l’empire Songhaï de la dynastie des Askia (1493-1591) qui va remplacer l’empire du Mali au 15ème siècle, le carrefour culturel et commercial qu’est alors Tombouctou va connaître son apogée. Le premier des empereurs Askia, Mohamed Touré, officier militaire originaire de l’ethnie soninké, reconfigure solidement l’organisation administrative de l’empire sur les plans économique et militaire, et donne surtout à la vie intellectuelle, culturelle et scientifique une envergure d’exception. C’est sous son règne, d’après Mahmoud Kâti, auteur d’un des plus célèbres manuscrits trouvé à Tombouctou, que la ville-capitale de l’empire comptera une population importante d’environ 100.000 habitants et que l’on dénombrera entre 150 et 180 écoles coraniques. Dans celles-ci, dès 7 ans, rapporte le chercheur Anta Diop , les apprenants s’y rendaient pour s’adonner aux enseignements des érudits, des maîtres et des savants durant la journée, avec des interruptions pour les prières (l’un des piliers de l’Islam).
C’est toujours sous le règne de l’Askia Mohamed Touré que le joyau des universités de l’empire, celle de Sankoré, logée dans les locaux d’un grand bâtiment d’Etat (servant aussi de mosquée) sera fréquentée par environ 25000 étudiants au début du 16ème siècle. Pour une population urbaine alors d’environ de 100.000 habitants, on imagine toute une ville au taux de scolarisation fortement élevé. Anta Diop précise que « la langue du Savoir est l’arabe comme le latin pour l’Europe de la même époque.  ».

Le commerce florissant du livre prend des proportions incommensurables. Dans son livre majeur intitulé « Description de l'Afrique » (année d’édition : 1550), Léon l’Africain, titre attribué par le pape Léon X à ce musulman (géographe arabe) né à Grenade et dont le vrai nom est Al Hassan ibn Muhamad al-Wazzan, explique : « on [y] vend beaucoup de livres manuscrits qui viennent de Berbérie et on tire plus de bénéfices de cette vente que de tout le reste des marchandises. » Dépassant largement les limites de Tombouctou, l’alphabétisation atteint tout l’empire Songhaï et il est dénigrant pour les parents de ne pas envoyer leurs enfants à l’école, alors vécue comme une exigence de la société.
 
Comme nous l’insinuons supra, le premier explorateur Français René Caillié arrivé deux siècles et demi après l’âge d’or de l’empire Songhaï, en 1828, est si fasciné par ce qui ne sont pourtant que les subsistances culturelles qu’il ira jusqu’à dire : « Tous les Nègres de Tombouctou sont en état de lire le Coran et même le savent par cœur. » (Le lecteur voudra se rappeler l’importance accordée à l’école coranique encore en vigueur dans l’Afrique de l’ouest contemporaine et l’obligation de réussite scolaire en relisant L’aventure ambiguë de Cheick Amidou Kane, NDA). Ainsi « l’idée du nègre barbare est une invention européenne » comme le montre aussi l’anthropologue Allemand Leo Frobenius. Autant discerner que la mouture de Gobineau (« il n’est d’histoire que blanche ») et la rengaine populaire de Mannoni selon laquelle « les nègres sont des grands-enfants » ne sont que des idéologies d’escroquerie qui sous-tendent le discours impérialiste du colonisateur occidental.

S’il est vrai que l’Europe de la même époque (16ème siècle) connaît aussi un engouement pour la culture, elle ne peut cependant être comparable à celle de l’empire Songhaï, à cause des limites de l’étendue du lettrisme. Ainsi, le savoir culturel reste un luxe inaccessible pour le commun des Européens et même pour les classes plus aisées qui ne savent pas toujours comment s’y prendre. On le devine aisément dans « Le bourgeois gentilhomme » écrit par Molière en 1670, soit environ un siècle après l’âge d’or de la culture tombouctienne et comiquement illustré par monsieur Jourdain. Ce dernier, déjà « équipé comme il faut, depuis les pieds jusqu’à la tête » juste pour être sûr de bien écouter le Maître de musique s’apprêtant à jouer ses instruments, demande en plus sa « robe pour mieux entendre... » Et de s’exciter tout en tergiversation : « Attendez, je crois que je serai mieux sans robe… Non ; redonnez-là moi. »
Ce bourgeois d’environ soixante ans, qui apprend la prose pour conquérir le cœur de la belle Marquise, montre à suffisance qu’il n’a pas connu l’école dans son jeune âge comme c’était le cas dans la France de cette époque, où la population était très majoritairement analphabète. Même le Chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy, malgré tout son « pouvoir de nuisance » à Dakar le 26 juillet 2007 dans ce qui est pourtant un discours nauséeux, s’incline quand il évoque l’apport intellectuel de l’Afrique au monde : « Car, pour ce qui est de l’art, claironne-t-il, de la pensée et de la culture, c’est l’Occident qui s’est mis à l’école de l’Afrique. L’art moderne doit presque tout à l’Afrique. » Il n’est pas besoin d’en dire plus !

Mais loin de nous ici une délectation sur le passé de l’Afrique noire, ni une volonté de faucher l’air à coup d’épée acérée en rentrant dans une comparaison réductrice pour l’Europe du moyen-âge. Non ! Car nous savons bien que tout comme dans les universités de Tombouctou, « la scolastique fleurissait à la Sorbonne, à Paris, où Aristote régnait sans partage », souligne Cheick Anta Diop  Nous voulons seulement montrer avec Lévi-Strauss, qu’en gros, « toutes les sociétés humaines ont derrière elles un passé qui est approximativement du même ordre de grandeur (…) Il n’existe pas de peuples enfants ; tous sont adultes, même ceux qui n’ont pas tenu le journal de leur enfance et de leur adolescence .»

Nous voulons aussi simplement dire que l’Africain n’a pas à rougir de son passé ; qu’il doit chercher à le connaître pour savoir où il se trouve et dans quelle direction il va, comme aimait si bien le répéter l’historien Burkinabé Joseph Ki-Zerbo. De son histoire, il doit plutôt en être fier, s’en approprier et le faire connaître afin de contribuer à entraver le projet qui vise à l’effacer de la mémoire collective des humains par des falsifications grossières de quelques historiens et ethnographes dit « modernes », des « journalistes fielleux » et « intellectuels jaspineux, sortis tout puants de la cuisse de Nietzsche » (Aimé Césaire ), sans oublier leur enseignement mensonger à grande échelle qui fait que la réhabilitation culturelle de l’Afrique s’apparente à un combat désespéré (Lire Nations nègres et culture d’Anta Diop). Comme le fit remarquer Cheick Anta Diop dans L’Afrique noire précoloniale, c’est pour faire oublier cette originalité culturelle et les grandes civilisations de l’Afrique au sud du Sahara que nombre d’intellectuels occidentaux ont « consciemment » falsifié certaines preuves d’une Afrique en marche dans l’histoire et tout à fait civilisée déjà durant la période médiévale.

 

Une question pourrait à juste titre nous venir à l’esprit : comment donc cette Afrique civilisée a-t-elle été si vulnérable à la conquête Arabe puis occidentale ? Cheik Anta Diop puise dans un passé encore plus lointain pour nous proposer une réponse cette fois-ci dans son ouvrage majeur, Nations nègres et culture. Il expose que lorsque « la civilisation dite égyptienne à notre époque », berceau ancien de toutes les civilisations du monde, « tombe sous le joug des étrangers », Grecs, Perses, Macédoniens, Romains, Arabes (bien avant les Turcs, Français et Anglais), les Nègres essaiment de nouveau « progressivement vers l’intérieur du continent » et formeront des civilisations africaines « de plus en plus coupées du reste du monde ». Tendant « à vivre en vase clos, par suite de l’énorme distance qui les sépare des voies d’accès de la Méditerranée », les Nègres sont alors « repliés sur eux-mêmes (…), bénéficiant de conditions économiques favorables, [ils] s’orienterons vers le développement de leur organisation sociale, politique et morale, plutôt que vers une recherche scientifique spéculative que le milieu, non seulement ne justifiait pas, mais rendait impossible. (…) Le Nègre, bien qu’il fut le premier à découvrir le fer, n’avait pas construit de canon (…) L’Afrique était donc très vulnérable du point de vue technique. Elle devenait une proie tentante, irrésistible pour l’Occident. »
 
A proprement parler, ce passé qui se ressuscite actuellement à Tombouctou comme nous le verrons dans une prochaine tribune n’est pas seulement celui des Africains ou des Noirs mais bien celui de notre commune humanité à tous, homos sapiens sapiens. C’est pourquoi, comme nous l’avons déjà mentionné, il ne s’agit pas pour l’Africain de ressasser ce « paradis perdu de l’enfance » comme le dirait Monsieur Sarkozy. Car, insistons, s’il est vrai que durant les siècles médiévaux, des universités existaient à Alger, à Tunis, à Alexandrie et Al-Azhar (au Caire), à Marrakech et à Fez (Maroc), il en était de même à La Sorbonne (Paris), à Cordoue (Andalousie/Espagne), à Athènes ou à Bagdad. Reste que, et c’est là où se joue une certaine mémoire sélective occidentale dont il faut d’urgence stopper la progression, dans tout le Maghreb et en Orient, ces temples du savoir et de la connaissance étaient tous, directement ou non, dans un programme d’échanges universitaires avec le plus grand centre islamique du savoir dans le monde médiéval : Tombouctou !

  9- Cheik Anta Diop, L’Afrique noire précoloniale, op cit., pp. 166 et 172.
  10- Claude Lévi-Strauss, Race et histoire, Unesco, 1952, réédition Dénoël, 1987, p. 49.
  11- Marcel Griaule et Germaine Dieterlen, Un système soudanais de Sirius, Journal de la société des Africanistes, tome XX, fascicule II, Musée de l’Homme, Paris, 1950, p. 288.
  12- Cheik Anta Diop, L’Afrique noire précoloniale, op. cit., p. 167.
  13- Mahmoûd Kâti, Tarich el-Fettach, trad. O. Houdas et M. Dellafosse, Paris, 1913 (réédité par A. Maisonneuve en 1981), Chap. XI, p. 201.
  14-  Lire aussi Ibn Batouta, Voyage au Soudan, trad. Slane., Paris, 1843, In 8°.
  15-Anta Diop, L’Afrique noire précoloniale, idem, op. cit.
  16-Cheik Anta Diop, L’Afrique noire précoloniale, idem.
  17-  Molière, Le bourgeois gentilhomme, Paris, 1670, Réédition Hachette, 1992, Acte 1, Scène 2, vers 18 et 57.
  18- Cheik Anta Diop, Civilisation ou barbarie, op. cit., p. 409.
  19- Claude Lévi-Strauss, Race et histoire, op cit., p. 32.
  20- Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, Paris, 1955, Ed. Présence africaine, p. 38.

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