Sénégal : 150 observateurs de la Cédéao mobilisés pour la présidentielle
La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a annoncé, mardi 21 février, le déploiement de 150 observateurs au Sénégal en vue de l'élection présidentielle dont le premier tour doit avoir lieu dimanche prochain. L'ancien premier ministre togolais Koffi Sama prendra la tête de cette opération.
La candidature pour un troisième mandat du président sortant, Abdoulaye Wade à l'élection présidentielle du 26 février au Sénégal est contestée.AFP/FABRICE COFFRINI
Près de 5,3 millions d'électeurs sont attendus aux urnes, dans un climat de vives tensions provoquées par la candidature controversée du président sortant, Abdoulaye Wade, validée le 27 janvier par le Conseil constitutionnel. Le chef de l'Etat, 85 ans, opposant historique pendant un quart de siècle, a été élu en 2000 puis en 2007. Sa candidature est jugée "illégale" par l'opposition, pour qui il a épuisé ses deux mandats légaux, alors que pour ses partisans, des réformes de la Constitution en 2001 et 2008 lui donnent le droit de se représenter.
AU MOINS SIX MORTS DANS LES VIOLENCES PRÉ-ÉLECTORALES
Le scrutin s'annonce comme le plus mouvementé de l'histoire du pays. L'opposition sénégalaise a appelé à un nouveau rassemblement, mardi après-midi dans le centre de Dakar. Les protestataires doivent se retrouver place de l'Indépendance à 15 heures (16 heures en France), a indiqué Abdoul Aziz Diop, porte-parole du Mouvement des forces vives du 23 juin (M23), coalition de partis d'opposition et d'organisations de la société civile.
Le rassemblement de mardi après-midi aura lieu à l'appel d'un des huit candidats d'opposition membres du M23, Cheikh Bamba Dièye (ici au centre).AP/Rebecca Blackwell
Le rassemblement aura lieu à l'appel d'un des huit candidats d'opposition membres du M23, Cheikh Bamba Dièye, 47 ans, le benjamin des candidats à la présidentielle et maire de Saint-Louis (nord-est), a confirmé sa porte-parole, Awa Marone. Celui-ci a, à plusieurs reprises, tenté ces derniers jours d'accéder à cette place où les manifestations sont interdites. Il a brièvement été interpellé par la police deux fois.
Les quatre principaux challengers de M. Wade pour cette élection sont aussi membres du M23. Il s'agit de trois ex-premiers ministres du président sortant – Moustapha Niasse, 72 ans, Macky Sall, 50 ans, et Idrissa Seck, 52 ans –, ainsi que l'ancien premier secrétaire du Parti socialiste, la formation qui a dirigé le Sénégal pendant 40 ans (1960-2000), Ousmane Tanor Dieng, 65 ans.
En fin de semaine dernière, les appels à manifester sur cette place ont donné lieu à des violences entre opposants, essentiellement des jeunes, et les forces de l'ordre qui se sont étendues à d'autres quartiers de Dakar et en province, faisant au moins deux morts et une vingtaine de blessés. Lundi, la police a empêché les opposants de se rassembler, mais il n'y a pas eu de débordements comme les jours précédents.
Au total, selon des sources concordantes, six personnes sont mortes dans des violences liées à la contestation de la candidature de M. Wade, depuis fin janvier. Lundi, Amnesty International Sénégal (AIS) et la Ligue sénégalaise des droits humains (LSDH) ont évoqué "neuf morts et des dizaine de blessés" pendant cette période.
LEMONDE.FR avec AFP











