Le président ivoirien grand favori pour prendre la tête de la Cédéao
ABUJA — Le président ivoirien Alassane Ouattara était jeudi le grand favori pour prendre la tête de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et succéder ainsi au chef de l'Etat nigérian Goodluck Jonathan.
Ce changement à la tête de l'organisation régionale, rassemblant 15 pays, intervient à un moment où la situation sécuritaire se dégrade rapidement dans le Sahel, en raison d'une nouvelle rébellion touareg au Mali et des attaques de la branche maghrébine d'Al-Qaïda (Aqmi).
"A mon avis, c'est réglé", le chef de l'Etat ivoirien sera élu président de la Cédéao, a déclaré à l'AFP un diplomate africain ayant requis l'anonymat. L'élection du nouveau chef de l'organisation, pour une durée d'un an renouvelable, est prévue vendredi, deuxième et dernier jour du sommet à Abuja.
"On a adopté (jeudi) tous les rapports présentés et demain (vendredi) on va choisir le président de la Commission et le président en exercice", a indiqué Mohammed Bazoum, ministre nigérien des Affaires étrangères, en sortant de la salle de réunion du sommet.
"Le président de la Commission sera un Burkinabè et le président en exercice sera Ouattara", a-t-il affirmé.
"Ce n'était pas un choix difficile par rapport à d'autres fois ou ça a été moins consensuel", a précisé un diplomate ouest-africain. "Les pays de la région ont le sentiment de s'être investis beaucoup pour la Côte d'Ivoire et voient ça comme le couronnement de leurs efforts", a-t-il précisé.
Pour un diplomate ouest-africain travaillant à la Cédéao, "il va y avoir des débats, il y a des pays qui ne sont pas d'accord".
Mais le président Ouattara, arrivé au pouvoir en avril après une crise postélectorale ayant fait quelque 3.000 morts, "a de grandes chances de gagner", selon lui. "C'est une façon d'encourager la réconciliation dans son pays", a souligné ce diplomate.
"Il y a déjà un accord"
"Selon les informations que nous avons tous eues, il y a déjà un accord (pour élire le président Ouattara). Peut-être qu'ils (les chefs d'Etat) se sont mis d'accord lors du sommet de l'Union africaine", fin janvier, selon une source au sein de la Cédéao.
A l'ouverture du sommet, des responsables de l'organisation régionale se sont par ailleurs inquiétés de l'insécurité dans le Sahel, avec notamment l'afflux d'armes issues du conflit libyen.
"Nous sommes les témoins de nombreuses crises dans plusieurs parties de la sous-région", a indiqué dans son discours d'ouverture le président Jonathan.
"En raison de la crise dans la région du Sahel, nous constatons un afflux d'armes légères et, bien sûr, certains pays font face à différentes formes de menaces, notamment le Nigeria", confronté aux attaques du groupe islamiste Boko Haram, a-t-il ajouté.
L'Afrique de l'Ouest fait actuellement face à "la résurgence de la rébellion et du banditisme au Mali et dans d'autres Etats du Sahel, en raison de facteurs historiques non résolus et alimentés par la récente crise en Libye", a souligné le président sortant de la Commission de la Cédéao, James Victor Gbeho.
Depuis mi-janvier, le Mali est confronté à une offensive d'une nouvelle rébellion touareg.
Les violences ont provoqué un exode à l'intérieur du pays mais aussi vers d'autres Etats. Le Niger et le Burkina Faso, membres de la Cédéao, ont ainsi vu arriver des milliers de réfugiés maliens, tout comme la Mauritanie, qui n'en fait pas partie.
Une situation préoccupante, d'autant que quelque 12 millions de personnes dans les pays sahéliens sont actuellement menacées par la famine.
Les participants devraient aussi se pencher sur la piraterie dans le Golfe de Guinée.
Le conseil de sécurité et de médiation de la Cédéao a par ailleurs approuvé une aide financière de l'organisation régionale de 3 millions de dollars pour les victimes de la crise alimentaire et des attaques rebelles dans les pays du Sahel, selon un communiqué transmis à l'AFP.
De Sophie MONGALVY (AFP)











